
UNE CROISADE NOMMÉE RECONQUÊTE
1. Identité historique de lEspagne

a) LEspagne comme la synthèse de Rome et les populations pré-romaines.
b) Les Wisigoths comme aristrocratie militaire intégratrice.
c) LEspagne en 711: une monarchie européenne (Rome, germains, christianisme)
2. La conquête musulmane
a) La guerre civile espagnole, l intervention musulmane et la collaboration. Soumission militaire à lIslam (campagnes, esclavage"ahd" des vaincus) et acceptation volontaire (pactes "suhl" avec le pouvoir musulman).
b) Equilibre ethnique - démographique: faible impact de limmigration berbère, impact nul des peuples de race arabe. Conversion dune partie des hispano - goths à lIslam. Bien quil ny ait aucun métissage biologique, même sil y a un métissage culturel. Les mozarabes, espagnols qui conservent leur identité chrétienne : ils représentent une minorité dans un pays au préalable démoralisé et divisé.
c) La resistance armée contre lIslam. Noyaux chrétiens dans le Nord, opposés au changement. Pas de projet politique. Limpact de lIslam naugmente pas depuis la déroute du général Abderramán al-Gafiqi à Poitiers en 732 face à Charles Martel.
3. Emirat Omeya et règnes chrétiens.

Depuis 750, Abderramán I rend indépendante du contrôle politique exercé par Bagdad la partie musulmane espagnole. Politique indépendante, de prestige, vers lEurope et vers lAfrique.
b) Dans le même temps, et profitant des querelles internes de lIslam, le règne puissant dOviedo voit le jour. Hormis D. Pelayo, le véritable fondateur est Alfonso I, qui a lhabileté de concentrer la population chrétienne de la moitié Nord. Dans les Asturies, la montagne et le nord de la Gallice. La vallée du Duero se dépeuple, désert stratégique défendu par un noyau de gens pauvres, faibles et isolés. Les Asturies sont, sans aucun doute, culturellement européennes, et ce depuis toujours. La zone dEspinosa, Vizcaye et Álava dépend dOviedo, bien que frontalière.

c) Dans les actuelles provinces de Navarre et Aragón un certain nombre de familles de la noblesse basco-wisigothe passent des accords avec lIslam, qui règne indirectement. Les Banu-Qasi, dans lEbre, sont des goths convertis à lIslam. Los Íñigos, à Pampelune, sont leurs parents et, bien que chrétiens, ils acceptent lIslam.
e) Charlemagne intervient en Espagne. Le Nord de la Catalogne est reconquit, mais les chrétiens de lOuest des Pyrénées préfèrent la domination musulmane. Durant tout le IXème siècle, Alfonso II des Asturies collabore avec Charlemagne.

4. Califat Omeya et reconquête.
a) Avec Abderraman III, les Omeyas atteignent leur apogée, et proclament lindépendance (y compris religieuse) de Bagdad (Calife = prince des croyants, depuis 929).

La terrible année 997, Almanzor dévaste la ville de lapôtre Santiago et apporte jusquà Cordoue les cloches de sa cathédrale, sur les épaules des chrétiens faits prisonniers.-
d) En Catalogne, la souveraineté est franque, mais le pouvoir effectif est entre les mains des Comtes, alliés entre eux. Les comtés catalans sunissent autour de Barcelone.

5. Autour de lan 1000.
Le cid, qui devint un exilé en 1072, entra au service de Yusuf el Mu'tamin, roi maure de Saragosse et mit en déroute le roi aragonais Sancho I Ramirez.
En 1090, il collectionna progressivement les victoires sur ses adversaires du Levant, y compris le Duc de Barcelone, Berenguer Ramon II.
En 1094, le Cid entra triomphalement à Valence, s'allia avec Pierre I d'Aragon et avec le Duc Ramon Berenguer III de Barcelone, avec l'intention de stopper les almoravides.
Il maria sa fille Maria (Dona Sol dans le poème) avec le Duc de Barcelone. Son autre fille, Christine, (Elvire dans le poème) se maria avec Ramiro de Navarre.
A sa mort, à Valence, le 10 juillet 1099, son conseiller levantin rejoint le roi Alfonso VI de Castille. :"Oh Dieu, quel bon vassal, s'il avait pu être un bon maître!"

b) Pampelune croît aux dépens des autres chrétiens. Sancho III le Grand obtient la quasi unité politique, et de lui descendent tous les rois dEspagne.

c) León et la Castille portent le poids de la lutte. Fernando I (fils de Sancho II de Pampelune) unifie la Castille et León et traverse le Duero.
d) Les catalans sallient avec les pampelonais.


En pleine Reconquête, Alexandre II établit l'année sainte de Compostelle, en 1122, dans la bulle "Regis deterna", et annoça que ceux qui visiteraient la tombe de l'apôtre durant les années saintes bénéficieraient de grâces.
Ce privilège est partagé seulement avec Rome, bien que l'année sainte romaine soit plus récente. (1300)
Enrique II, de la famille Trástamara de Madrigal de las Altas Torres de Castille créa les bases de l'hégémonie castillane au sein de la péninsule ibérique. Il lutta aux côtés de la France dans la guerre de 100 ans, mettant en déroute la flotte britannique à La Rochelle en 1372.
Enrique III -1390-1406- fit éclater à Séville la violence anti-judaïque, qui se propagea dans toute la péninsule. Il fit la conquête des Iles Canaries avec son fidèle Juan de Béthencourt. Il fut un allié fidèle de la France et quand éclata le 'Grand schisme' de l'église catholique, la Castille appuya le pontife d'Avignon.
Enrique IV, l'impuissant, dut reconnaître, par la "Concorde de Toros de Guisando" en 1468, sa sur Isabelle I de Castille comme héritière du trône. Elle se maria avec Fernand II d'Aragon (Le Prince de Machaivel)

Ils conquirent Grenade en 1492 et marièrent leurs 4 filles avec les rois les plus puissants d'Europe : Juana I avec Philippe le Bel d'Autriche, Catalina, avec Henry VIII d'Angleterre, Isabel avec celui du Portugal et Maria avec celui de la France. La monarchie hispanique naissait, jusqu'à la paix de Westphallie au XVIIème siècle. (1648-1653) depuis, rien jusqu'en 1939 avec Francisco Franco.
Une croizade nommée Reconquête
Depuis que les 3/4 de la péninsule ont été occupés par l'Islam pendant les années 711 et suivantes, depuis que la première population chrétienne visigothe et hispanoromaine s'était concentrée dans une partie minuscule des tierres du Nord, laissant désert le reste du sol et constituant une frontière naturelle qui protégeait des (ALFEIFAS ) périodiques qui arrivaient de l'autre groupe, les conflits territoriaux entre maures et chrétiens alternèrent avec de longues périodes de paix et de concorde supportable.
Durant ce temps, un roi chrétiens pouvait traiter ses problèmes d'embonpoint avec les médecins juifs du calife cordouan ou une princesse musulmane pouvait passer contrat de mariage avec un noble des Asturies ou basque.
Entre l'Espagne et Al Andalus s'étaient instaurés des contacts commerciaux et des échanges culturels. De même, quelques fois, les sarrazins et les chrétiens s'unissaient fac à un péril commun, comme par exemple, la tentative d'annexion des territoires de la péninsule par l'Empereur Charlemagne (????). Dans une telle situation, le détournement de la doctrine chrétienne dans l'aire d'influence musulmane impliquait un conflit plus important, comme ce fut le cas de l'hérésie d'Ilipando de Tolède, que la ressemblance physique des partisans de Mahomet, des paroissiens du Christ et des dévots de Yavé.
Cette situation se termina quand se produisit l'expansion de "l'ordre de Cluny".dans toute la sphère chrétienne. Les moines bénis réformés déferlèrent en Espagne, clamant une meilleure fidélité de l'Eglise de la péninsule aux normes lithurgiques et au centralisme romain.
Ils instaurèrent une politique plus en accord avec les intérêts pontificaux et réclamèrent, avec toutes ses conséquences, l'intégration à l'Eglise des chrétiens mozarabes, qui guardent leur foi en Jésus-Christ et leur dévotion aux saints au delà de Al Andalus.
Ils furent ceux qui s'imiscèrent dans la politique des rois de la péninsule, qui permirent la naissance de nouveaux états comme le Portugal, unirent d'autres comme l'Aragon et la Catalogne, conspirèrent contre la Castille et Léon et surtout, furent les initiateurs de l'idée de croisade, fomentant l'idée de la nécessité de conquérir les terres qui appartenaient à l'Islam.
A l'exception de quelques épisodes clairement violents, mettant en vedette ou fomentés par les représentants de l'Eglise, (et que, curieusement, les mêmes juifs se chargèrent d'entretenir le souvenir de ces périodes), les hébreux continuèrent à pratiquer en paix leur religion, dans la péninsule christianisée, priant dans leurs synagogues, perpétuant leurs coutumes et les transmettant pour part aux chrétiens avec lesquels ils vivaient.
Discrètement, sans que cela ne soit signalé dans les livres d'histoire, on sait de source sûre ue des chevaliers teutons étaient aussi en Espagne et qu'ils prirent des possessions en Castille. Leur arrivée coïncida avec le mariage de Fernando III 'Le Saint', avec Beatriz de Suabia, fille de Felipe et nièce du quasi mythique Federico Barbarroja.
L'événement se déroula en 1219 et commença par la marche du cortège qui voyagea vers l'Allemagne, sur ordre du roi de Castille et qui séjourna presque 6 mois à la Cour de Frederic II, qui était l'oncle de la jeune mariée. Il semble qu'à son retour en Espagne, une délégation de chevaliers teutons à la tête de laquelle on trouvait le grand maître Hermann von Salza, ils accompagnèrent la fiancée durant son voyage vers l'Espagne, et qu'une fois là-bas, ils reçurent en donation La Mota del Toro, en 1222, et peu après, les frères reçurent Higueras en 1225, Morales de Toro, Benarfaces et Griegos
Des documents du milieu du XVème siècle rendent compte de la présence dans la Casa Central de La Mota, baptisée Santa María de los Castellanos, d'un précepteur et de deux frères allemands, plus un petit nombre de prêtres et de laïques. Des informations font état des noms de deux commandeurs allemands : Eberhard von Mörsberg, en 1255, et Volmar von Bernahausen, jusqu'en 1280.
Néanmoins, juste 100 ans après, la Casa était dirigée par un castillan, probablement cistercien du monastère voisin de La espina, appelé Fray Juan de la Mota, dont on savait qu'il se déplaçait en Allemagne. Des moines bernardins choisirent ce moment pour s'emparer de la propriété.

Le passage des chevaliers teutons par la Castille et de leurs protecteurs, depuis Fernando III et Alphonse X, jusqu'à los Trastamaras, rendirent sûr le principe selon lequel les teutons, comme les templiers et les hospitaliers de San Juan qui avaient répondu, avaient donné des preuves spontanées pour s'engager dans la bataille contre l'Islam, qui avait lieu pour la récupération d'une péninsule dont le patrimoine territorial leur serait à jamais inaccessible à l'inverse de la France ou de l'Allemagne.

6. Lempire de Tolède.
De toutes façons, le mieux est de se référer à Sánchez Albornoz "España une énigme historique" et à García de Valdeavellano "Histoire dEspagne " (qui paraît seulement au XIIIème siècle).
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La Reconquête est une lutte entre civilisations, durant laquelle lEspagne ne perd jamais son identité européenne et chrétienne, et durant laquelle elle acquiert une vocation de défense universelle des marques de son identité. Pas de métissage durable, ni culturel ni biologique.
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